À l’issue des premiers mois de 2024, le spécialiste de la vente immobilière instantanée homeloop note un retour de dynamisme de la part des acheteurs, plus nombreux à être finançables, mais résolus à ne faire aucune concession. Pour preuve, les datas homeloop révèlent qu’un acheteur réalise environ 6 visites avant de concrétiser son achat au 1er trimestre 2024 alors que, 1 an auparavant, il lui en fallait 3.


La start-up homeloop constate également que du côté des prix de l’immobilier, l’heure est à la disparité : les plus grandes villes/métropoles, qui avaient précédemment vu leur prix fortement augmenter, enregistrent désormais une baisse, tandis que d’autres, épargnées par la montée des prix, sont stables, voire légèrement en hausse.

Paris flirte de nouveau avec les 10 000€ du m²

Après avoir connu une longue phase de hausse des prix, la capitale voit enfin ces derniers revenir aux alentours des 10 000€ du m², 10 423€ précisément selon les chiffres d’homeloop. En une année, ils ont ainsi perdu près de 6 % ! “Le changement de paradigme a été compliqué à entendre pour les vendeurs. Refusant de baisser leur prix dans un premier temps, ils ont dû, finalement, entendre raison au fil des mois, voyant que leur bien ne trouvait pas d’acheteur” explique Vanessa Benedic, CEO d’homeloop.

Du côté des acquéreurs, les taux de crédit s’étant désormais stabilisés aux alentours des 4 %, ils sont plus nombreux à bénéficier de financements bancaires. Leur laissant ainsi pleinement la main sur le marché, comme l’analyse Vanessa Benedic : “Le stock de biens disponibles à la vente étant large, les acquéreurs se permettent de prendre leur temps, de négocier parfois fortement les prix, voire carrément de ne pas se positionner s’ils ne sont pas pleinement satisfaits par les biens. L’heure est aux bonnes affaires, pas au compromis !”.

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Des prix en baisse mais des acquéreurs dans l’attentisme

Du côté de l’Ile-de-France, la baisse des prix est enclenchée mais n’est pas encore franche si l‘on compare avec Paris : en 1 an, ces derniers ont diminué de 2,3 %, et s’affichent dorénavant, en moyenne, à 4 674€ le m². Pour autant, il n’y a pas encore de signe net de reprise du marché.

Une situation qui trouve deux explications selon Vanessa Benedic :”Tout d’abord, le pouvoir d’achat des franciliens a été malmené ces derniers mois. Ainsi, même si les prix commencent à baisser, le coût de la vie reste, malgré tout, élevé, entachant le budget des ménages. Ces derniers restent donc dans l’attente d’une baisse plus marquée des prix, qu’ils espèrent voir arriver prochainement. Ensuite, il faut se rappeler qu’en sortie de covid, nombre d’entre eux avaient souffert du manque d’extérieur et avaient ainsi profité des taux bas pour déménager dans un logement avec espace extérieur. Ces Français viennent tout juste d’emménager, ils n’ont donc, logiquement, pas de projet d’achat dans l’immédiat.

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Un marché national marqué par des disparités

Au niveau national, nous notons le retour de fortes disparités selon les territoires. Ainsi, Lyon enregistre une baisse de 4 % de ses prix au m², les établissant à 4 918€, tandis qu’à Toulon ils sont stables (+0,14 % sur 1 an) à environ 4 384€. A Nancy, le marché est tout autre : il est même en hausse de 1,36 % sur 12 mois, avec des prix qui s’affichent à 1 863€ le m² !

A noter que dans la Capitale des Ducs de Lorraine, la hausse ne concerne pas tous les types de biens. En effet, les investisseurs étant à la recherche d’une belle rentabilité et n’ayant pas d’urgence à se loger, ils négocient davantage les prix et n’acquièrent que les biens sur lesquels ils ont la sensation d’avoir réalisé une bonne affaire. Ainsi, sur les biens à destination d’investissement, les prix sont plutôt orientés à la baisse.

Vanessa Benedic d’analyser : “Ces dernières années, le marché de l’immobilier des grandes villes, les plus demandées et attractives, comme Lyon par exemple, a vu ses prix au m² augmenter fortement, parfois de manière déraisonnée. Les taux des crédits immobiliers étant au plus bas durant cette période, le pouvoir d’achat des Français n’était que peu impacté. Maintenant que les taux ont remonté, il est indispensable que les prix diminuent pour s’aligner au budget des Français, auquel cas ces derniers préfèrent différer leur achat, lorsque cela est possible, afin de conserver au maximum leur pouvoir d’achat immobilier.

Concernant les acheteurs, il y a une constante commune à l’ensemble des marchés : ils prennent leur temps pour se décider à concrétiser leur achat ! Selon les chiffres d’homeloop, les acquéreurs effectuent 2 fois plus de visites de biens immobiliers avant de concrétiser leur achat qu’il y a 12 mois. Ainsi, là où, il y a 1 an, il leur fallait 3 visites pour trouver leur nouveau logement, ils en réalisent désormais en moyenne 6.

Gare au bien qui n’est pas parfait ou comporte des imperfections au regard de l’acquéreur : il sera victime d’une négociation de prix, pouvant parfois avoisiner les 10 % selon les biens et leur situation géographique !

La CEO d’homeloop donne un conseil aux vendeurs :”Si vous voulez voir votre bien partir vite et au meilleur prix, je ne saurais que trop vous conseiller de le positionner au bon prix du marché et de le présenter sous son meilleur jour.

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Des perspectives incertaines

Si les premiers mois de 2024 peuvent être des lueurs d’espoir, il serait clairement prématuré de s’attendre à une embellie très prochaine. D’autant que s’il est question d’assouplir les règles d’obtention imposées aux banques en matière de crédit immobilier, rien n’est encore certain. Seule conviction, non content de constituer un point d’ancrage fort de la vie d’une personne, à l’image d’un emploi, l’immobilier est également un réel pilier de l’économie du pays. La clôture des comptes de l’année 2023 et le dérapage de la dette publique a permis de rappeler que le secteur est un vecteur fort de fonds et que lorsqu’il dévisse, le manque à gagner pour le pays se fait cruellement sentir. L’INSEE a annoncé une perte de l’ordre de 22 % dans les comptes publics imputées aux droits de mutation non perçus et a chiffré à 21 milliards les rentrées fiscales manquées.

Vanessa Benedic réagit : “Plus de 20 ans que je suis professionnelle du secteur et c’est la première fois que je constate une telle situation : les Français ont besoin de se loger, de concrétiser leurs projets de vie mais ils ne le peuvent plus.” Actuellement, c’est l’ensemble du rouage qui est grippé, de la transaction à la location. Loin d’être la première crise du secteur, la CEO d’homeloop note un inédit : “Le manque criant de perspective d’embellie” avant de constater, sans ambiguïté : ”Je me suis toujours accommodée des différents gouvernements sans quelconque commentaire, mais actuellement, il faut avouer qu’aucun effort n’est fait par le gouvernement actuel pour encourager une reprise quelconque…” La cheffe d’entreprise conclut : “Les Français comptent, plus que jamais, sur les professionnels de l’immobilier, pour les guider durant ces temps incertains. Leur confiance nous oblige, alors soyons à la hauteur et aidons-les à (re)prendre le pouvoir de leur vie immobilière.” 

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