Parmi les centaines de modèles de voiture en France, le modèle qui décote le plus en ce moment est une voiture française.
32 500 euros à l’achat. 12 090 euros cinq ans plus tard. C’est ce que l’on appelle une décote brutale et c’est celle d’une voiture française. La société de données automobiles carVertical vient de publier une étude sur les véhicules d’occasion qui perdent le plus de valeur en France.
Résultat sans appel : parmi les dix voitures qui perdent le plus de valeur, six sont 100% électriques. En tête, on retrouve la Renault Zoé électrique, qui perd 62,82 % de sa valeur en cinq ans. Elle devance la Nissan Leaf (62,19 %) et la Volkswagen ID.3 (58,05 %). Le reste du classement est essentiellement composé de modèles essence ou diesel haut de gamme. C’est d’ailleurs ce qui ressort de l’étude : « Les véhicules électriques et haut de gamme sont les plus touchés par la dépréciation », note carVertical.
À titre de comparaison, la valeur d’une voiture en France baisse de 36% en moyenne après 50 000 km, selon les chiffres de Roole. Mais ces chiffres doivent être utilisés avec prudence tant les décotes varient d’une gamme à l’autre.

Pourquoi les voitures électriques sont-elles particulièrement touchées par les décotes ? Tout simplement parce qu’elles sont moins attractives sur le marché de l’occasion : leur prix d’achat est élevé, et les batteries comme l’autonomie s’améliorent si vite que les modèles plus anciens deviennent rapidement moins intéressants. Pour espérer trouver preneur, les propriétaires sont contraints de baisser le prix de leur voiture.
Mais cette décote n’a rien de gravé dans le marbre. Elle dépend fortement du contexte, et peut varier d’une année sur l’autre, voire d’un mois à l’autre. « Ce ne sont pas des tendances figées, note Moundyr Gainou, directeur France de carVertical. Les aides gouvernementales, les taxes douanières, les politiques écologiques et les décisions des constructeurs bouleversent le marché en permanence. L’arrivée de nouveaux modèles plus petits, moins chers, venant notamment d’Asie, pourrait aussi à l’avenir bouleverser complètement l’équilibre. »
Au-delà des facteurs contextuels, pour Moundyr Gainou, la décote d’un véhicule est fortement impactée par la marque, sa fiabilité et le type de motorisation. Naturellement, un bon entretien, des options et un faible kilométrage font grimper le prix. A l’inverse, une couleur trop excentrique peut aussi rendre la revente plus difficile. Dernier facteur important : l’historique du véhicule. « Un rapport complet et détaillé rassure l’acheteur et permet au vendeur de mieux défendre son prix », souligne Moundyr Gainou.
Reste qu’en France, une marque ne faiblit pas : Dacia. Véritable exception sur le marché, la marque roumaine affiche une très faible décote « qui fait l’unanimité auprès de tous les acteurs du secteur », note Moundyr Gainou. Par exemple, le Duster, son modèle phare, perd seulement 15% de valeur en cinq ans. La Sandero, quant à elle, ne perd qu’un tiers de sa valeur sur la même période.
Une prouesse qui s’explique par un prix de vente déjà très bas, une fiabilité appréciée et une grande simplicité mécanique qui réduit drastiquement les coûts de réparation pour les usagers.


