La Banque de France va modifier les taux d’intérêts du Livret A, du LEP et du LDDS. Les revenus de millions d’épargnants vont changer.
58 millions de Livret A, 24 millions de LDDS, 12 millions de LEP… Selon la Banque de France, plus de 8 Français sur 10 possèdent au moins un livret d’épargne réglementée. Accessibles dans toutes les banques, ces produits d’épargne offrent de nombreux avantages aux épargnants. Les sommes déposées dessus sont garanties par l’État, le montant de l’épargne peut fructifier grâce à un taux d’intérêt et les gains générés sont complètement exonérés d’impôts.
Néanmoins, les taux d’intérêt du Livret A, du Livret d’épargne populaire (LEP) et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) vont bientôt changer. Deux fois par an, au 1ᵉʳ février et au 1ᵉʳ août, la Banque de France réévalue ces taux d’intérêt. Ce calcul dépend de deux indicateurs. D’une part, le taux interbancaire €ster, à savoir le taux auquel les banques s’échangent de l’argent en Europe, et d’autre part le niveau de l’inflation.
Si le calcul des taux d’intérêt est complexe, l’épargne réglementée répond à une logique très simple : lorsque l’inflation et le taux €ster progressent, les taux d’intérêt des livrets d’épargne augmentent, mais quand les deux indicateurs ralentissent, les taux d’intérêt des livrets d’épargne baissent. Or, au second semestre 2026, le niveau de l’inflation accélère à 1,8% selon l’Insee, au même titre que le taux €ster qui atteint désormais 2,1% d’après la Banque centrale européenne (BCE). Par conséquent, le taux d’intérêt du livret A, du LEP et du LDDS vont mécaniquement augmenter dès la prochaine réévaluation au 1ᵉʳ août 2026. La question est désormais de savoir quelle sera l’ampleur de cette augmentation.
Selon la règle, c’est d’abord au gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, de donner ses préconisations. Il peut suggérer de suivre le mode de calcul classique ou bien de majorer le taux de certains produits d’épargne réglementée. S’il propose de déroger à la formule de calcul traditionnelle, c’est alors au ministre de l’Économie, Roland Lescure, de trancher.
En appliquant la formule de calcul utilisée par la Banque de France, le JDN a déterminé quel sera le futur taux d’intérêt des livrets d’épargne réglementée en 2026. Résultat : le taux du Livret A et du LDDS (dont le taux est indexé sur celui du Livret A) grimpera à 1,8% en août prochain. Cela représente une hausse de 0,3 point par rapport au taux d’intérêt actuellement en vigueur (1,5%).
Avec ce nouveau taux de 1,8%, les intérêts générés par le Livret A vont changer. Avec 5 000 euros sur son Livret A, un épargnant gagnera 90 euros d’intérêts en un an. Si un épargnant possède 7 500 euros sur son livret, soit l’encours moyen enregistré sur ce produit d’épargne, il touchera 135 euros en l’espace d’une année. Pour un placement de 10 000 euros, un épargnant empochera 180 euros. Enfin, si le montant de l’épargne atteint le plafond maximal, fixé à 22 950 euros, la rémunération annuelle de son Livret A s’élèvera à 413,10 euros.
Pour le LEP, l’application stricte de la règle de calcul utilisée par la Banque de France conduirait à un taux d’intérêt de 2,3%. C’est toutefois peu probable, puisque cela représenterait une baisse par rapport au taux actuel fixé à 2,5%. Il est plus probable que le gouvernement choisisse de poursuivre sa politique habituelle vis-à-vis du LEP, à savoir opérer une majoration du taux. L’idée est de faire en sorte que son taux soit toujours supérieur d’un point à celui du Livret A. Ainsi, le taux du LEP pourrait s’élever à 2,8% en août 2026.
Avec 1 000 euros sur son LEP, un épargnant pourrait alors percevoir 28 euros d’intérêts. Si cet épargnant détient 6 912 euros sur son livret, soit l’encours moyen sur le LEP, il touchera 193,57 euros sur l’année. Enfin, un LEP ayant atteint le plafond légal, fixé à 10 000 euros, offrira à l’épargnant un gain de 280 euros.

