À l’heure où les vagues de chaleur se multiplient, certains indices ne trompent pas : voici comment les repérer pour éviter d’acheter une bouilloire thermique.
Le regret : au cours des dernières semaines, c’est le sentiment qui domine chez certains acheteurs immobiliers. Ils ont découvert à leurs dépens qu’un logement avec un excellent diagnostic de performance énergétique (DPE) n’est pas systématiquement fait pour résister aux fortes chaleurs.
Près d’un tiers (31%) des logements classés DPE A sont considérés comme des bouilloires thermiques, révélait la société de conseil Pouget Consultants, en août 2024. « Une bonne performance énergétique au sens du DPE ne garantit pas nécessairement un bon niveau de confort d’été », résume Pouget Consultants.
Face à la multiplication des vagues de chaleur, comment faire ? Comment reconnaître une bouilloire thermique si la classe énergétique n’est pas, à elle seule, un indicateur fiable ? Quels sont les indices qui permettent de repérer un logement à risque lors d’une visite ou sur une annonce immobilière ?

Le premier élément à vérifier est l’indicateur de confort d’été. Il figure dans le diagnostic de performance énergétique et note, sur trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), la capacité du logement à rester frais sans climatisation. Son calcul additionne plusieurs critères techniques : « présence de protections solaires sur les baies et en toiture, isolation de la toiture, inertie du bâtiment, caractère traversant du logement, présence de brasseurs d’air fixes », détaille le ministère du Logement.
« Néanmoins, cet indicateur doit être amélioré pour mieux refléter les réalités », avoue le ministère. Erreurs de calcul massives (26% des indicateurs s’avèrent erronés) et absence de prise en compte de l’effet d’îlot de chaleur urbain : l’indicateur de confort d’été n’est pas fiable à lui seul pour évaluer le risque réel de surchauffe d’une habitation en période de canicule. « L’indicateur se base sur des éléments importants mais reste insuffisant. Il oublie de prendre en compte l’isolation de la toiture, des murs, l’orientation ou encore l’étage du logement », regrette Damien Barbosa, coordinateur de Rénovons, collectif parmi lequel on retrouve la Fondation pour le logement.
Au-delà de cet indicateur, « l’un des premiers éléments à vérifier est la présence de volets, si possible en bois », avance Damien Barbosa. Le logement doit également être traversant. L’Agence de l’environnement rappelle que même un logement bien isolé doit pouvoir évacuer la chaleur accumulée pendant la journée ; sans refroidissement nocturne, il peut produire un effet « thermos ». C’est pourquoi des fenêtres situées sur des façades opposées sont idéales : elles permettent de créer des courants d’air qui refroidissent non seulement l’air, mais aussi les murs, les planchers et les plafonds (qui restitueront cette fraîcheur le lendemain).
L’orientation des fenêtres de la maison est aussi un facteur primordial. Contrairement aux idées reçues, le plein sud n’est pas la pire exposition, car en milieu de journée le soleil est très haut et tape davantage sur le toit que sur les fenêtres. En réalité, les façades les plus sensibles sont orientées du sud-ouest au nord-ouest : en fin d’après-midi, le soleil est plus bas et ses rayons frappent les vitrages presque à l’horizontale, au moment même où l’air ambiant est déjà très chaud. Naturellement, la localisation, le fait d’être dans un îlot de chaleur urbain et la taille des fenêtres jouent aussi un rôle important.
Mais voilà, même en étant très attentif, repérer une bouilloire thermique reste loin d’être évident. « Lorsque c’est possible, le mieux est de visiter un logement en conditions réelles, lors d’une vague de chaleur, afin de vérifier comment il résiste aux fortes températures. C’est ce que j’ai fait pas plus tard qu’hier », souligne Damien Barbosa.

