Notre revue matinale ne cherche pas seulement les grandes nouvelles. L’objectif est aussi de conserver les petites informations qui, rapprochées dans quelques mois, permettront peut-être de comprendre plus tôt un changement de cycle.

Les taux continuent de monter

Le premier chiffre du matin est 4,52 %. C’est le niveau atteint hier par le TEC 10 français, contre 4,19 % le 7 septembre. Aux États-Unis, le Treasury à dix ans a désormais franchi 5 % et les crédits immobiliers à trente ans reviennent autour de 7 %.

Le Haut Conseil de stabilité financière a justement publié son diagnostic. Il évoque le renchérissement du financement, mais aussi le risque d’une « correction désordonnée » des actions américaines compte tenu de valorisations élevées liées à l’intelligence artificielle.

Pour l’instant, cependant, aucune crise générale du crédit : les encours aux entreprises progressent encore et le HCSF juge banques et assureurs solides.

Le crédit immobilier résiste… encore

Selon CAFPI, les crédits restent à 3,43 % en moyenne sur vingt ans et 3,53 % sur vingt-cinq ans.

Les banques utilisent toutefois davantage la flexibilité permise par les règles du HCSF : 18,1 % des nouveaux dossiers, contre 16 % un an auparavant. La durée moyenne atteint désormais 22,7 ans.

Autrement dit, la solvabilité tient encore, en partie, parce que le système utilise ses amortisseurs.

Les vieilles SCPI continuent leur ajustement

Une analyse publiée sur Edissimmo rappelle que son prix de part est passé de 204 € début 2024 à 150 €, soit une baisse de 26,5 %. Près de 5 % des parts attendent une sortie.

Pour Rivoli Avenir Patrimoine, la baisse atteint 33,7 % depuis 2023 et 6,4 % des parts sont en attente de retrait.

À l’inverse, de jeunes SCPI comme Wemo One ou Sofidynamic n’affichent aucune part en attente et continuent de viser des rendements élevés.

Deux marchés semblent progressivement cohabiter : les véhicules anciens chargés d’actifs achetés avant la hausse des taux et les véhicules récents qui investissent aux nouveaux prix.

Mais le bureau n’est pas mort pour autant : Praemia REIM vient de louer 3 650 m² de bureaux parisiens à Karavel avec un bail ferme de dix ans.

Quelques autres signaux à conserver

Les défaillances d’entreprises restent extrêmement élevées : plus de 70 000 sur douze mois selon les données Banque de France reprises récemment. Pourtant, Altares observe simultanément une amélioration : le retard moyen de paiement des entreprises françaises est revenu de 14,1 à 12,3 jours en un an.

Sur l’épargne, la concurrence repart. Fortuneo affiche temporairement 5 % brut pendant quatre mois, tandis que le Livret A ne rapporte que 1,70 % net. Les banques recommencent manifestement à payer pour attirer la liquidité.

Enfin, le projet de réforme des donations continue de se préciser : relèvement possible du don familial exonéré à 50 000 € et taux temporaire de 6 % sur certaines donations supplémentaires. Attention : à ce stade, il ne s’agit toujours que d’un projet pour le budget 2027.

Signaux faibles – ce qui pourrait compter dans quelques mois

Plusieurs choses méritent d’être surveillées : la possible remontée des crédits immobiliers vers 4 %, les retraits dans les grandes SCPI historiques, le retour de la rémunération de la liquidité, la transmission de la hausse des taux aux entreprises et le risque de correction sur les actions américaines liées à l’IA.

Ce que nous surveillons pour les prochains mois

Une question relie peut-être plusieurs de ces informations : que se passe-t-il lorsque la liquidité recommence à rapporter ?

À 4,5 % sur la dette française et avec des placements monétaires de nouveau attractifs, SCPI, immobilier, fonds euros, actions de rendement et produits structurés doivent progressivement justifier le risque supplémentaire qu’ils font prendre.

C’est probablement l’un des sujets patrimoniaux majeurs des prochains mois.

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