Les taux montent. Et ce n’est plus un détail.
La Fed vient de relever ses taux de 25 points de base. La BCE a fait de même. En France, le TEC 10 reste à 4,52 %, contre 4,19 % il y a dix jours.
Et pourtant, les crédits immobiliers français restent encore autour de 3,5 %.
Ce décalage est probablement temporaire. Si les taux longs restent à ces niveaux, les banques devront finir par répercuter la hausse.
Immobilier d’entreprise : le tri commence
Le bureau souffre. Les volumes baissent fortement. Mais les meilleurs actifs continuent de trouver preneur.
Même chose pour les SCPI : les anciens véhicules chargés d’immeubles achetés avant la hausse des taux corrigent fortement, tandis que certaines SCPI récentes continuent à revaloriser leurs parts.
Ce n’est donc plus vraiment « l’immobilier monte ou baisse ».
Les bons actifs résistent. Les mauvais deviennent difficiles à vendre.
Autre évolution à suivre : le registre national des copropriétés va devenir beaucoup plus riche. DPE, travaux, état technique, impayés : nous aurons bientôt une vision beaucoup plus précise de la fragilité des copropriétés françaises.
Assurance-vie et succession : attention aux actes tardifs
La Cour de cassation vient de rappeler un principe important : comprendre ce que l’on signe ne suffit pas à démontrer que l’on agit sainement.
Une personne peut parfaitement connaître la portée d’un changement de bénéficiaire d’assurance-vie ou d’un testament tout en agissant sous l’influence d’un trouble mental.
Avec le vieillissement de la population et des patrimoines, ce type de contentieux devrait devenir plus fréquent.
Le vrai sujet : que vaut encore l’illiquidité ?
C’est probablement la question patrimoniale du moment.
Pendant des années, la liquidité ne rapportait presque rien. Il était donc logique de bloquer son argent cinq, huit ou dix ans pour obtenir 4 %, 5 % ou 6 %.
Mais si un placement liquide et relativement peu risqué rapporte déjà 3,5 % ou 4 %, tout change.
Pourquoi immobiliser son argent dix ans pour gagner 5 % ?
Pourquoi accepter le risque d’une SCPI à 4,5 % si une obligation de qualité offre presque autant ?
Pourquoi viser 7 % dans du private equity si le sans-risque en rapporte déjà une grande partie ?
L’illiquidité doit désormais payer davantage.
Et c’est peut-être là que commence le véritable changement de cycle.
Lorsque la liquidité ne rapporte rien, presque tout paraît attractif.
Lorsqu’elle recommence à rapporter, chaque actif doit justifier le risque supplémentaire qu’il fait prendre.

