Des millions de retraités vont profiter d’une baisse ou d’une exonération totale de taxe foncière en 2026. Les conditions de revenus pour profiter de cet avantage fiscal ont été élargies permettant à davantage de retraités d’en bénéficier.
En France l’écrasante majorité des retraités sont propriétaires. Sur 17,2 millions de retraités recensés dans le pays, environ 73% d’entre eux possèdent au moins un bien immobilier d’après les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). A l’échelle nationale, cela signifie qu’un propriétaire sur quatre est actuellement à la retraite.
Or, détenir le titre de propriété d’un logement implique de nombreuses dépenses pour le propriétaire, au premier rang desquelles on trouve le paiement des impôts locaux. Mais en comparaison avec d’autres propriétaires, les retraités ont l’avantage de pouvoir bénéficier de plusieurs dispositifs leur permettant de réduire considérablement la note de leur taxe foncière, parfois même jusqu’à zéro. Les conditions donnant accès à ces avantages sont élargies en 2026, ce qui autorisera plus de retraités à en profiter.
Un changement qui intervient alors que le montant de la taxe foncière, dont s’acquittent chaque année tous les propriétaires, ne cesse de grimper depuis plusieurs années. Après une progression de 7,1% en 2023, suivie d’une hausse de 3,9% en 2024, la taxe foncière a encore grimpé de 1,7% en 2025. Une nouvelle augmentation de 0,8% est prévue en 2026. Ainsi, le montant moyen de cet impôt local est passé de 1 034 euros par propriété en 2023 à plus de 1 100 euros cette année.
Pour obtenir une réduction de leur taxe foncière, voire une exonération totale, les retraités doivent respecter certaines conditions. Leurs revenus ne doivent pas dépasser certains plafonds fixés par la loi. Et ces seuils de revenus sont justement revalorisés en 2026. Le gouvernement a annoncé une hausse de 0,9% du barème de l’impôt sur le revenu, sur lequel sont indexés les plafonds permettant de bénéficier de ces avantages fiscaux. En clair, les seuils de revenus à respecter vont également être relevés de 0,9%.
Pour profiter de ce dispositif en 2026, un retraité propriétaire vivant seul doit déclarer un revenu fiscal de référence (RFR) inférieur à 12 793 euros. Pour un couple de retraités, le RFR ne doit pas dépasser 19 626 euros. Par ailleurs, pour chaque demi-part fiscale supplémentaire, le plafond du RFR ouvrant droit à une réduction ou une exonération de taxe foncière est rehaussé de 3 416 euros. Le montant du RFR est déterminé par les revenus encaissés par les retraités au cours de l’année 2025.
Les retraités qui respectent ces conditions de revenus ont donc le droit de profiter d’une réduction ou d’une exonération de leur taxe foncière. Le niveau de l’avantage fiscal dépend de l’âge qu’ils ont au 1ᵉʳ janvier de l’année 2026. Les personnes âgées de 65 à 75 ans peuvent bénéficier d’une réduction de 100 euros sur le montant de leur taxe foncière. Les personnes qui dépassent 75 ans sont, quant à elles, totalement dispensées de payer la taxe foncière. Pour un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune, il suffit qu’un seul des deux conjoints atteigne l’âge requis pour profiter de l’avantage fiscal correspondant.
Au-delà de ces critères d’âge et de revenus, d’autres catégories de retraités bénéficient automatiquement d’une exonération de taxe foncière. Les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) sont ainsi exemptés du paiement de cet impôt local. Pour ces personnes, aucune condition d’âge ou de revenu n’est requise, l’exonération étant accordée du seul fait de percevoir l’une de ces allocations sociales.


