54 milliards
C’est l’effort budgétaire envisagé pour 2027.
Sans nouvelles mesures, le déficit français approcherait 6,5 % du PIB.
Dans la dérive spontanée des comptes : environ 10 milliards d’euros supplémentaires de charge de la dette et 22 milliards de hausse des dépenses sociales.
Parmi les pistes annoncées : gel nominal d’une grande partie des dépenses de l’État, économies sur certains dispositifs sociaux, participation des collectivités et effort demandé aux retraités. Rien n’est encore voté.
Et la dette coûte plus cher
Hier, la France a emprunté 12,991 milliards d’euros.
Les quatre OAT émises l’ont été à des taux moyens compris entre 3,59 % et 4,01 %.
La bonne nouvelle : la demande reste solide, avec plus de deux fois les montants proposés demandés par les investisseurs.
Donc pas de crise de financement.
Mais une évidence : la France trouve toujours facilement de l’argent, simplement elle le paie beaucoup plus cher.
Les Américains n’ont jamais autant aimé les actions
Autre chiffre spectaculaire : les actions représentent désormais 48,2 % des actifs financiers des ménages américains.
C’est davantage qu’au sommet de la bulle Internet.
Le patrimoine américain est donc devenu extraordinairement dépendant des marchés actions. Une correction boursière aurait désormais un effet patrimonial — et potentiellement économique — considérable.
Le paradoxe du private equity
Au même moment, le private equity se rapproche des particuliers.
Amundi vient de prendre 9,9 % d’ICG pour environ 620 millions d’euros et devient son distributeur privilégié auprès de la clientèle patrimoniale. Premier produit prévu : les secondaires de private equity.
Mais l’autre face du marché est moins séduisante.
Les zombie funds — fonds arrivés au-delà de leur durée prévue sans avoir réussi à vendre tous leurs actifs — représenteraient désormais un record de 349 milliards de dollars.
La collecte du secteur est également au plus bas rythme depuis au moins 2020.
Le private equity se démocratise donc précisément au moment où son principal risque réapparaît : la liquidité.
Le risque du jour
La France n’a aujourd’hui aucun problème pour trouver des prêteurs.
Le problème est le prix.
Plus les anciennes dettes bon marché seront remplacées par des dettes à 3 %, 4 % ou davantage, plus les intérêts prendront de place dans le budget.
Et plus les arbitrages deviendront difficiles entre dépenses, recettes, déficit et croissance.
C’est peut-être cela qu’il faut retenir des 54 milliards annoncés :
la hausse des taux transforme progressivement le déficit public en contrainte budgétaire très concrète.

