Le gouvernement va publier une carte pour alerter 12,1 millions de propriétaires. 6 maisons sur 10 pourraient perdre leur valeur immobilière et être interdites à la location. 9 régions sont particulièrement concernées.

La menace est aussi discrète que dévastatrice. Le retrait-gonflement des argiles (RGA) est un phénomène climatique qui frappe des millions d’habitations à travers la France, provoquant des fissures si importantes que certains logements deviennent inhabitables. Les propriétaires impactés ne peuvent plus les vendre ni les louer.

La faute au réchauffement climatique qui engendre tous les ans des vagues de sécheresse dans l’Hexagone. Lorsque les épisodes de canicule surviennent, les sols argileux se contractent, causant un affaissement des fondations des bâtiments. Puis, quand les averses de l’automne reviennent, le sol se dilate et les fondations remontent. C’est là qu’apparaissent sur les murs des fissures spectaculaires.

Le 9 janvier dernier, le gouvernement a publié un arrêté actualisant la cartographie des zones exposées au RGA. Cette nouvelle carte, élaborée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), sera consultable dès le 1ᵉʳ juillet 2026 sur le portail georisques.gouv.fr. Les zones à risque « moyen ou fort » de RGA couvrent désormais 55% du territoire métropolitain, contre 48% seulement en 2020. Concrètement, 12,1 millions de maisons individuelles se trouvent aujourd’hui menacées par le RGA, ce qui représente 61,5% des maisons en métropole.

L’association Conséquences, qui se consacre à l’étude des effets du réchauffement climatique, a analysé les déclarations de sinistres liés au RGA et reconnus comme des catastrophes naturelles par les compagnies d’assurance. Elle constate une explosion des cas dans certains départements. En comparant les sinistres déclarés entre 1989 et 2005, puis ceux déclarés entre 2006 et 2022, certains départements affichent un nombre de sinistres en hausse de 1 000% !

C’est le cas dans le département de la Haute-Marne et dans le département du Gard, où le nombre de sinistres liés au RGA a augmenté de respectivement 1 132% et 1 032%. Les autres départements où l’évolution des sinistres engendrés par le RGA est flagrante sont la Loire (+738%), la Haute-Saône (+638%) et le Bas-Rhin (+568%).

Plus globalement, la Caisse centrale de réassurance (CCR) précise que « plus de 20 millions de Français résident actuellement dans des zones classées à risque moyen ou fort ». Certaines régions sont particulièrement à risque. Dans le Centre-Val de Loire, 67% des maisons individuelles sont menacées. L’Occitanie arrive en deuxième position avec 49% de maisons concernées, suivie de la Nouvelle-Aquitaine où 46,8% des maisons sont soumises au RGA. La Bourgogne-Franche-Comté compte 44% de logements à risque, tandis que la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en dénombre 39%. Les Hauts-de-France affichent un taux de 33% de maisons concernées, les Pays de la Loire 32%, l’Île-de-France 28%, et le Grand Est 26,5%.

Les projections pour l’avenir s’avèrent encore plus préoccupantes. L’association Conséquences anticipe une aggravation majeure du phénomène. Selon ses estimations, « le nombre de logements menacés par le RGA atteindra 16,2 millions d’ici 2050 ». À cette échéance, 92,8% des maisons individuelles de France métropolitaine seraient exposées à ce risque. Un séisme à venir pour le parc immobilier, pour le marché des assurances et surtout pour les propriétaires des maisons impactées.

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