Les retraités ou leur famille peuvent profiter d’une réduction d’impôt sur le revenu s’ils payent une place dans un Ehpad. L’avantage fiscal doit être mentionné dans la case 7CD de la déclaration de revenus des contribuables.

La date limite pour remplir sa déclaration de revenus approche à grands pas pour les 41,5 millions de contribuables français concernés. Parmi eux, les 17,2 millions de retraités doivent également s’acquitter de cette traditionnelle corvée printanière. Même les séniors résidant en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ne sont pas exemptés de cette démarche administrative.

Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), environ 600 000 personnes résident de façon permanente dans un Ehpad en France. Or, une place dans un tel établissement coûte cher. Les résidents payent généralement eux-mêmes la facture lorsqu’ils en ont la capacité. Toutefois, certains d’entre eux, faute d’autonomie suffisante ou de moyens, se font aider par leurs proches. Ce sont alors les enfants, les petits-enfants ou les conjoints qui prennent en charge cette dépense à leur place.

Cependant, beaucoup l’ignorent, mais le fait de payer une place d’hébergement dans ce type d’établissement, pour soi-même ou pour un proche, donne accès à un avantage fiscal considérable. Une réduction d’impôt supplémentaire peut être mentionnée sur la déclaration de revenus du contribuable qui règle la note de l’Ehpad.

Cette réduction d’impôt représente 25% des dépenses effectuées pour payer la place en Ehpad, après déduction des éventuelles aides dédiées aux personnes âgées comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Le plafond de dépenses prises en compte est fixé à 10 000 euros par personne hébergée, ce qui permet d’obtenir une réduction maximale de 2 500 euros par an et par personne.

Pour bénéficier de cet avantage fiscal, les contribuables doivent indiquer les montants déboursés dans les cases 7CD de leur déclaration de revenus, et 7CE pour le conjoint le cas échéant. Selon la Direction générale des Finances publiques (DGFIP), plus de 420 000 contribuables profitent de cette réduction d’impôt chaque année.

Cet avantage fiscal s’avère particulièrement bienvenu au regard du coût annuel d’une place en Ehpad. Christine Hospital, directrice d’Uni-Santé, spécialiste des bases de données sur les établissements pour personnes âgées, précise que le coût moyen d’une place s’élève à 2 418 euros par mois. Les tarifs varient selon le type d’établissement : 2 143 euros en moyenne pour les structures publiques, 2 335 euros pour les établissements associatifs et 2 935 euros pour les structures privées.

Au-delà de cette réduction spécifique aux frais d’hébergement, les retraités vivant en Ehpad profitent également des autres abattements fiscaux réservés aux retraités. Le premier est un abattement global de 10% sur le revenu annuel déclaré. Grâce à ce mécanisme, un retraité déclarant 30 000 euros de revenu verra ses impôts calculés non pas sur 30 000 mais sur 27 000 euros, soit 3 000 euros de moins.

Plusieurs millions de retraités peuvent également prétendre à un second abattement fiscal en 2026. Pour être éligible à cet avantage supplémentaire, il faut être âgé d’au moins 65 ans au 31 décembre 2025. Une grande partie des retraités français sont donc potentiellement concernés puisque l’âge moyen des retraités en 2025 s’élevait à 75 ans d’après l’Insee.

Ce second abattement est toutefois soumis à des plafonds de revenus. En 2026, un retraité âgé de plus de 65 ans vivant seul et dont les revenus se situent entre 17 670 euros et 28 430 euros annuels bénéficiera d’un abattement de 1 411 euros. Pour ceux dont les revenus sont inférieurs à 17 670 euros, l’abattement peut atteindre 2 822 euros. Dans le cas d’un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune, ce second abattement s’applique dès lors qu’un seul des deux conjoints remplit la condition d’âge.

Source du Lien